Bonnes pratiques dans l’Atlantique-Littoral: A Tori-Bossito, l’efficacité de la cellule MAEP reconnue

Bonnes pratiques dans l’Atlantique-Littoral: A Tori-Bossito, l’efficacité de la cellule MAEP reconnueUne des missions de la CNG-MAEP, aux termes du décret 2009-226 du 05 juin 2009 qui l’institue, c’est de « renforcer, à la base, la gouvernance politique, économique, entrepreneuriale et sociale, à travers l’éducation, la sensibilisation et la vulgarisation du MAEP ». Dans ce cadre, les cellules départementales et communales de la CNG-MAEP s’illustrent à travers diverses interventions. Dans l’Atlantique-Littoral, la cellule communale de Tori-Bossito fait œuvre utile.

Pourtant, ce ne fut pas aisé au départ. Que de difficultés rencontrées ! Ferdinand SEMANOU, enseignant et conseiller pédagogique à la retraite, est le président de la Cellule départementale de Gouvernance (CDG) du MAEP pour l’Atlantique-Littoral depuis 2009. Il a 9 communes sous sa tutelle. « Au départ, raconte-t-il, le Mécanisme n’était pas bien perçu. Ni par les animateurs, ni par les populations. Nous avons alors bénéficié d’une formation initiale de la part de la Commission nationale. Nous avons alors perçu son importance, comme un observatoire de la gouvernance, à même d’impulser le développement du pays ». Mais, se souvient-il : « nos premières difficultés étaient relatives à la non maîtrise de toutes les thématiques du mécanisme. De même, le profil des membres des Commissions décentralisées n’était pas toujours favorable à la bonne conduite de la mission qui, de fait, reposait seulement sur quelques-uns. Ainsi, découragement et lassitude étaient au rendez-vous. Par suite, les documents produits n’étaient pas forcément au diapason des attentes. En sus, le Mécanisme était perçu par les décideurs locaux comme un organe gênant, un gendarme, un contrôleur. De sorte que l’administration locale qu’on devrait aider n’en voulait pas. Nous avons dû batailler fort pour faire comprendre que nous sommes une institution d’accompagnement, d’éducation, d’information et de mobilisation sociale autour des programmes de développement ; car il faut mobiliser les populations autour des idéaux. En somme, auprès des pouvoirs locaux, nous avions un mauvais cliché. De même, certaines organisations de la société civile nous combattaient, craignant que nous les reléguions au second rang, du fait de l’envergure continentale du mécanisme. Au niveau de l’administration, au-delà de la crainte de contrôle, une sorte de dédain s’est vite développée ; certains pensant que nous sommes une riche institution et s’attendant même à des soutiens de notre part». A contrario, se réjouit Ferdinand Sèmanou, « très tôt, les citoyens, pendant les premières séances de vulgarisation, ont compris notre importance. Certains voyaient en nous une institution de recours et nous confiaient des dossiers de toutes sortes : escroquerie, brimades diverses, conflits entres individus, etc. Tout en les accueillant, nous leur expliquions les procédures ou procédions au règlement lorsque nous le pouvons ». Par cette attitude et son sens pratique, la CDG-MAEP Atlantique/Littoral a vaincu la fatalité, semble-t-il. Ferdinand Sèmanou note avec satisfaction : « Désormais, nous sommes de plus en plus acceptés. La guerre de tranchées est terminée. La perception que l’on a de nous s’est beaucoup améliorée, même si des efforts doivent être encore maintenus pour mieux faire connaître le mécanisme dans ses missions, pour éviter les confusions. Dans nombre d’administrations, les responsables admettent que le Plan National d’Actions du Bénin issu de son évaluation dans le cadre du MAEP, est une vraie boussole qui devrait éviter certains travers au pays. Désormais aussi, des autorités nous sollicitent directement pour des interventions utiles dans leurs localités ».

Fort de cette évolution, Ferdinand Sèmanou pense que la CNG-MAEP peut faire bien plus encore, au regard des missions qui lui sont assignées. A titre d’illustration, il mentionne un cas de plainte dont sa cellule a été saisie. Il s’agit d’une famille dont la mère a été victime d’un accident mortel depuis près de 40 ans. Après des décennies, l’avocat commis n’a toujours pas fait le point à la famille. La CDG Atlantique/Littoral l’a rencontré et suit le dossier pour le tirer au clair. « C’est un cas qui illustre notre rôle d’aider à améliorer la confiance des populations en la justice nationale », conclut-il.

Tori-Bossito, le MAEP comme un recours

Améliorer la confiance des populations en la justice, mais plus généralement en l’action publique, c’est ce que contribue à faire la Cellule communale de Tori-Bossito. Sous la houlette de son président, Codjo Frédéric Cossinou, professeur d’anglais dans la commune, elle s’emploie à proposer des solutions pratiques aux populations qui la sollicitent. Mais la confiance dont elle jouit tient de l’initiative qu’elle a prise, assez tôt, d’aller à la rencontre de celles-ci, en échangeant avec tous els chefs de village de la commune, pour les sensibiliser au bien-fondé du mécanisme. Dès lors, les sollicitations ne manquent pas. « En janvier 2014 par exemple, à l’occasion de la validation du rapport communal de suivi du PNA, avons constaté le retard et l’absence de certains agents de la mairie. Nous avons alors, par la suite, initié des contrôles et des sensibilisations au profit des acteurs. Cela a induit une diminution de l’absentéisme alors qu’au début, même si notre démarche a été mal comprise au départ et a donné lieu à quelques contestations », souligne Codjo Frédéric Cossinou. De même, rapporte-t-il, « au marché de Tori-gare, le plus important de la commune, les femmes ne payaient pas les taxes alors que la commune a un budget essentiellement fiscal. Nous avons initié des séances d’explication à l’endroit des populations, sur l’importance du paiement des taxes et impôts. Une de ces séances s’est tenue sur la place du marché où nous avons discuté avec les usagers. Les femmes ont alors compris et s’exécutent désormais. En fait, elles voulaient bien savoir ce que font les autorités de leurs taxes ». Par ailleurs, révèle Codjo Frédéric Cossinou, « Depuis trois ans, nous observons le déroulement des examens de CEP, suite à des plaintes de la population faisant état de poches de tricherie et de corruption, mettant en jeu parents et enseignants. Lors de l’examen donc, nous envoyons des agents dans les six centres d’examen et rendons compte au chef de la circonscription. Après quelques incompréhensions et intimidations infructueuses à notre encontre, les parents qui prétendaient aider leurs enfants, ont fini par s’apercevoir que c’est une pratique nuisible. Mieux, des sanctions ont été prises contre les acteurs de cette pratique et une directrice d’école a été ainsi mise de côté ».
Autant d’actions non exhaustives qui enchantent les autorités communales. Lesquelles ont si bien compris l’importance et l’utilité du MAEP qu’elles ont doté la Cellule communale d’un nouveau siège électrifié courant novembre 2014, en remplacement du précédent où il n’y avait pas d’électricité.

 Par Wilfried Léandre HOUNGBEDJI

     Photo : Marc TCHASSAMA

 

 

 

Bienvenue sur le site web de la CNG-MAEP

Le 31 mars 2004, le Bénin a signé le Mémorandum d’entente relatif au Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) et a marqué sa disponibilité à se faire évaluer par les Pairs, conformément aux principes du Mécanisme.
Lire la suite

Magazine de la CNG-MAEP

 

Etats Membres

Etats membres du MAEP

Tout sur l'évaluation du Bénin



  • 31 mars 2004: Le Bénin signe le Mémorandum d’entente relatif au MAEP
  • 2005-2007: Autoévaluation du Bénin
  • 16 juillet au 08 août 2007: Séjour au Bénin de la mission d’évaluation conduite par Madame Marie-Angélique SAVANE
  • Janvier 2008 : Examen et adoption du Rapport d’évaluation du Bénin par le 8ème Forum des Chefs d’Etat et de Gouvernement du MAEP.
  • 12 février 2008 : lancement officiel à Cotonou du Rapport d’évaluation par le Chef de l’Etat.
  • 23 octobre 2008: Le Chef de l’Etat a procédé à la mise en place  de la Commission Nationale de Gouvernance du MAEP

En savoir Plus

ACCES MEMBRE

Nos Partenaires